mardi 17 juin 2008

Fille de ville

Lorsqu'on magasinait pour notre maison, et que Sébastien a commencé à parler d'acheter une maison à l'extérieur de la ville, j'ai sentie une certaine anxiété m'envahir. Je voulais absolument une maison en ville. On était même allés prendre une « drive » dans le coin de Irishtown, et son but était de me convaincre d'y habiter...en me montrant comment près de la ville on était et en me pointant du doigt les beaux paysages de cet endroit. J'ai commencé à m'imaginer, dans une belle vieille maison de campagne, entourée de la forêt... allant prendre des marches et n'entendant que le bruit du vent et des oiseaux... un petit coin de paradis me direz-vous? Pour moi, le seul mot qui me venait en tête était « BOOORING!!!! ».

Je ne pouvais m’imaginer être motivée à marcher en sachant que la seule chose semi-intéressante que j'apercevrais peut-être serait un champ avec quelques vaches me regardant en mâchant un brin d'herbe. Je ne pouvais concevoir devoir conduire plus de 10 minutes pour me rendre au travail, et encore moins, devoir me levé tôt pour passer 30 minutes en voiture. J'imaginais comment les hivers seraient longs, puisque personne ne voudrait venir nous visiter parce que personne ne voudrait conduire 30 minutes dans la neige, quand dans 5 minutes ils pourraient se rendre au Nav et boire une bonne grosse Clancy's... mais que bien sûr, nous n'irions pas au Nav puisque ce serait trop loin pour prendre un taxi et que ni moi, ni Sébastien ne nous porterions volontaire pour être chauffeur désigné. Je nous imaginais devenir ermites, mangeant des beans pour dîner, essayant de briser le record de la plus longue barbe ou des plus longs poils de jambes... J'en ai eu la nausée. Littéralement!

Non, sérieusement je suis une fille de ville. Quand je vais prendre une marche, j'aime voir les choses bouger, entendre les freins d'une voiture qui en a presque frappé une autre, voir une mère crier après ses enfants qui jouent trop près de la rue, entendre les sirènes d'une ambulance... Je me laisse hypnotiser par tous ces stimuli et dans un rien de temps je suis revenue de ma marche. J'ai besoin de savoir que si je vais au Superstore faire une épicerie, et que j'ai oublié quelque chose, je peux y retourner sans me sentir coupable d'utiliser de l'essence pour une pint de lait. J'aime pouvoir appuyer sur snooze 10 fois le matin puisque ça ne me prend que 7 minutes (je l'ai compté!) en voiture pour me rendre au travail. Je suis heureuse de pouvoir sortir dehors le soir sans avoir peur de faire face à un ours ou un orignal! J’apprécie que lorsqu’on n’a pas envie de se faire à souper, qu’on puisse avoir un peu plus qu’un restaurant parmi lesquels choisir pour du « take-out ».

Ah j’aime bien la nature, mais à petite dose (J’aime le camping par exemple, et j’adore la mer). Qui sais, peut-être qu’avec le temps, ça va changer.

2 commentaires:

Siskoid a dit...

Ouep, chus pareil. Oh, j'hais le monde pis le bruit, mais cette question de PROXIMITÉ, je peux pas m'en défaire.

Anonyme a dit...

moi itout, je suis une fille de ville...même si ma ville est Dieppe et que c'est l'affaire quétaine à faire de "j'ai des enfants donc je vis dans les suburbs"... on est vraiment ben!
Johanne